Vue d'ensemble

La feuille de route complète en 9 modules pour conduire les réhabilitations complexes en flux numérique.

Un programme premium, structuré autour d'une progression clinique cohérente : écosystème numérique, virtualisation du patient, diagnostic et occlusion, planification inversée, prototype, stratégies thérapeutiques, orchestration et séquençage, mise en œuvre et livraison.

Référence

Boîte à outils numérique : outils, formats de fichiers et workflow d'équipe

Le cabinet numérique : environnement de travail et plateau technique
Planche · Le laboratoire numérique, du projet à la pièce produite
1 · Théorie
Vidéos commentées et protocoles écrits, à votre rythme
2 · Quizz
Validation des acquis à la fin de chaque module
3 · Cas relu individuellement
Votre cas réel corrigé personnellement, retour écrit
4 · Cours en distanciel live
Sessions en visioconférence, en petit comité

Le programme détaillé

  1. 00 Fondation

    Construire son écosystème numérique

    Ce module fondateur précède l'arc clinique : il construit l'écosystème dans lequel tout le reste va circuler. Le piège du numérique n'est pas le manque d'outils, c'est leur empilement sans liaison — un scanner ici, un CBCT là, un logiciel de CAO qui ne reçoit pas proprement les fichiers, un laboratoire qui reçoit des envois incomplets. La valeur ne naît pas de l'accumulation de machines mais de leur interopérabilité et de la discipline de données qui les relie. Le module est organisé autour de cinq fondations explicites : une introduction qui pose l'esprit « écosystème » ; les données de santé et leur gouvernance (nommage, arborescence, versionnage, sauvegarde, propriété patient, cadre type RGPD) ; les outils de base et leur interopérabilité (familles d'outils, formats pivots STL/PLY/DICOM, chaîne CAO/FAO) ; l'ordinateur et la station de travail qui font tourner ce flux 3D ; et le matériel recommandé du plateau d'acquisition (scanners intra-oraux iTero/Medit/Trios/Primescan, scan facial, CBCT, MODJAW, station photo). À la sortie, vous disposez d'un écosystème prêt à supporter la virtualisation du patient du module 1.

    Objectif : Équiper et organiser le plateau technique et la chaîne de données avant d'aborder le moindre cas : choisir des outils qui se parlent (scanner intra-oral, CBCT, scan facial, MODJAW, photographie), connaître les formats qu'ils échangent (STL, PLY, DICOM), poser une gouvernance des données de santé — nommage, versionnage tracé, sauvegarde, propriété patient — et instaurer un workflow d'équipe clinicien–assistante–laboratoire reproductible, afin que le flux numérique des modules suivants repose sur des fondations fiables plutôt que sur une collection de machines isolées.

  2. 01 Module 1

    Virtualisation du patient

    Ce module installe la pensée fondatrice de la méthode DIAG4D côté acquisition : le patient moderne est multidimensionnel, et le saisir exige d'orchestrer des outils qui se parlent. Vous apprenez à mobiliser quatre flux : la photographie clinique (analyse faciale, asymétries, dynamique du sourire, plan esthétique, communication), l'empreinte optique iTero/Medit/Trios/Primescan exportée en STL (morphologie, usure, occlusion statique, simulation, suivi), le CBCT exporté en DICOM (structure osseuse, ATM, axes, volume) et MODJAW pour le mouvement réel (fonction, guidages, interférences). Le cœur opératoire est le protocole SOP-DIAG4D-003 : photographies sur fond noir, sourire naturel puis sourire forcé en position « Grind » avec et sans écarteurs, profils et trois-quarts ; Face Scan en position « Grind » avec marqueurs sur le centre des condyles, le nasion et le point sous-nasal ; CBCT en position « Grind » avec mentonnière lorsqu'un projet esthétique est prévu ; capture MODJAW avec vérification systématique des exports. Vous outillez ensuite cette acquisition (Medit, Modjaw, Smile Cloud) et vous centralisez : fusion des formats STL/PLY/DICOM en un patient virtuel cohérent, avec la discipline non négociable d'une checklist de contrôle qualité passée AVANT tout envoi au designer — aucun cas incomplet ne franchit cette porte.

    Objectif : Construire le patient virtuel d'un cas complexe en orchestrant quatre flux de données complémentaires — photographie, empreinte optique, CBCT et cinématique mandibulaire — selon un protocole d'acquisition reproductible (SOP-DIAG4D-003), puis centraliser et fusionner ces données en un objet numérique unique et géométriquement cohérent.

  3. 02 Module 2

    Diagnostic numérique

    Le délabrement complexe résiste au cliché isolé parce qu'il met en jeu simultanément l'esthétique, la fonction, la structure osseuse et la dynamique. Ce module apprend à lire le patient virtuel acquis au module 1 comme un diagnostic intégré : pourquoi le diagnostic 2D ne suffit plus, comment évaluer la restaurabilité (conserver ou extraire) sur des critères multifactoriels, et comment formaliser un compte rendu de complexité qui sert de contrat diagnostique partagé. Il fait ensuite entrer le temps dans l'occlusion : la cinématique MODJAW alimente un articulateur virtuel et clarifie la distinction décisive entre relation centrée — position condylienne reproductible servant de référence — et intercuspidie maximale, position d'usage ; un écart marqué signe une dysharmonie à diagnostiquer avant de reconstruire. La dimension verticale d'occlusion et l'espace libre deviennent des repères contrôlés. Vous travaillez les deux dispositifs de la phase diagnostique — le déprogrammeur antérieur de Kois (outil strictement diagnostique, jamais thérapeutique) et la gouttière de stabilisation de Michigan (protection, pas traitement) — puis l'articulateur virtuel qui valide guidages et interférences avant toute fabrication. Le module garde enfin la maîtrise du flux analogique équivalent (montage primaire, clé en plâtre, plateau incisif), que le numérique sécurise sans rendre obsolète.

    Objectif : Transformer le patient virtuel en diagnostic exploitable : évaluer la restaurabilité dent par dent, rédiger un compte rendu de complexité, et comprendre l'occlusion dans le mouvement — distinguer relation centrée et intercuspidie maximale, gérer la dimension verticale, et utiliser à bon escient déprogrammeur de Kois, gouttière de Michigan et articulateur virtuel.

  4. 03 Module 3

    Planification inversée & projet thérapeutique numérique

    Le drame des réhabilitations complexes est connu : chaque spécialiste replanifie le cas à son tour, et les conflits surgissent en cours de route, une fois les premiers gestes posés. La planification prothétiquement inversée, dans la lignée de la méthode Coachman (Digital Smile Design), répond à ce problème en distinguant deux temps que tout confond. Le « treatment planning » est l'exploration globale et interdisciplinaire qui précède l'acceptation du cas : on y examine toutes les possibilités — orthodontie, chirurgie, restauration, fonction, esthétique, biologie, structure — pour bâtir un plan « facially driven » et « airway driven », au niveau de détail juste suffisant pour aligner les spécialistes et présenter au patient, sans entrer dans la technique fine. Le « procedure planning » ne vient qu'après l'acceptation : c'est le détail technique de chaque procédure, sur ClinCheck, Simplant ou Cerec. Ce module installe la séquence DIAG4D en six étapes — consultation de découverte, étude diagnostique 4D, réunion de planification, présentation du projet, présentation des options, présentation du devis par phases — et fait du document patient standardisé la signature de la méthode : clinique, pédagogique et commerciale à la fois. Vous apprenez à inverser la logique : partir du résultat validé pour remonter vers les moyens, et à ne jamais choisir à la place du patient.

    Objectif : Construire la séquence DIAG4D qui transforme une demande de patient en projet thérapeutique numérique défendable, en plaçant la réflexion interdisciplinaire AVANT l'acceptation du cas et en remontant du projet esthétique et fonctionnel validé vers la chirurgie, les implants et l'orthodontie.

  5. 04 Module 4

    Du projet au prototype : mock-up, test fonctionnel & validation

    Entre le projet numérique validé sur écran et la décision du patient, il manque un objet que l'on peut voir, porter et juger. Ce module transforme le Smile Design en prototype : projet prothétique 3D conçu numériquement, puis maquette imprimée en résine, et mock-up que le patient peut « projeter » sur son propre visage. La présentation patient en quatre temps trouve ici son point d'orgue, centrée sur « la destination » — mock-up, simulation, projet facial — qui rend le résultat tangible et déclenche l'adhésion. Vous apprenez à conduire le test fonctionnel du mock-up porté : contrôle de l'occlusion et de la dimension verticale d'occlusion, lecture esthétique du sourire, épreuve phonétique, puis itération avant de figer quoi que ce soit. Le module installe enfin le principe du copy-paste : le projet validé devient la référence qui se transfère, par matrices, clés et indexation numérique, vers les provisoires puis le définitif — ce qui a été testé et accepté est exactement ce qui sera livré. Le tout s'articule au consentement éclairé : le patient adhère à ce qu'il a vu et essayé, non à une promesse abstraite.

    Objectif : Matérialiser le projet thérapeutique numérique en prototype que le patient peut projeter, le valider en esthétique, en phonétique et en fonction avant tout geste irréversible, et en faire la référence copy-paste transférée vers les provisoires puis le définitif.

  6. 05 Module 5

    Stratégies thérapeutiques

    Ce module est le cœur de savoir de la masterclass : un catalogue de stratégies thérapeutiques, organisé par domaine clinique, qui répond à la question « quelle option pour quelle situation ? ». On y raisonne l'indication, pas encore le geste (réservé au module 7) ni la mise en séquence (module 6). Vous y travaillez : l'imagerie 3D comme volume de décision et la planification implantaire descendante (top-down), où la couronne idéale dicte l'implant ; les stratégies de préservation et de reconstruction osseuse (socket shield de Hürzeler, greffons allogéniques 3D usinés) ; la réhabilitation full-arch implanto-portée et son verrou de l'ajustement passif ; le choix des matériaux monolithiques (zircone et ses générations multicouches, disilicate de lithium) et l'interface Ti-base / profil d'émergence (concept ICD/EBC) ; la réhabilitation additive et adhésive de l'usure, de l'étiologie à la décision de DVO ; et la gestion des tissus mous, du profil d'émergence à la chirurgie plastique parodontale. Le fil conducteur reste la préservation tissulaire et la décision dirigée par le projet : on choisit la stratégie la moins invasive qui atteint le résultat validé. C'est le module le plus dense de la formation — il fournit la « bibliothèque » dans laquelle les modules d'orchestration et de mise en œuvre viendront puiser.

    Objectif : Constituer le catalogue raisonné des stratégies thérapeutiques de la réhabilitation complexe — imagerie et planification implantaire prothétiquement dirigée, préservation tissulaire et reconstruction osseuse, full-arch, choix des matériaux monolithiques, réhabilitation adhésive de l'usure, gestion des tissus mous — pour savoir, devant chaque situation, quelle stratégie est indiquée et pourquoi.

  7. 06 Module 6

    Orchestration & séquençage du PDT

    Connaître les stratégies (module 5) ne suffit pas : encore faut-il les agencer dans le temps. Ce module enseigne l'orchestration et le séquençage du plan de traitement — comment combiner chirurgie, implants, orthodontie, parodonte et restaurations en une trajectoire cohérente où chaque étape prépare la suivante et où aucune décision irréversible ne ferme prématurément une porte. Vous apprenez à dérouler le plan en phases (l'inverse du « tout, tout de suite »), à orchestrer l'intervention pluridisciplinaire pour éviter les conflits de replanification, à ordonner l'arcade complète édentée (du double-scan à la mise en charge), et à séquencer la création d'espace prothétique — réduction, orthodontie, allongement coronaire, augmentation de DVO, chirurgie pré-implantaire — selon ce qu'impose le projet. La temporisation prolongée est traitée comme une phase d'orchestration majeure : un test grandeur nature qui valide fonction, esthétique et stabilité tissulaire avant l'irréversible. Le module s'appuie enfin sur les passerelles et le contrôle qualité du pipeline d'équipe : chaque étape a un livrable, un destinataire et une validation. L'objectif est qu'un cas complexe se déroule comme une partition, pas comme une succession d'improvisations.

    Objectif : Transformer un catalogue de stratégies thérapeutiques en un plan de traitement (PDT) ordonné, phasé et défendable : décider qui intervient et dans quel ordre, créer l'espace prothétique au bon moment, et faire de la temporisation prolongée une phase d'orchestration à part entière.

  8. 07 Module 7

    Mise en œuvre du PDT

    C'est le module du geste. Une fois les stratégies choisies (module 5) et le plan ordonné (module 6), il faut le mettre en œuvre avec précision. Vous parcourez la chaîne de production numérique de la CAO au G-code, le passage du plan au guide chirurgical et le contrôle de son adéquation avant le premier foret, l'extraction atraumatique au Benex qui préserve la corticale, la photogrammétrie et la mise en charge immédiate du full-arch, l'injection de composite par clés et matrices indexées avec son protocole adhésif différencié, la capture et la copie numérique du profil d'émergence, et les gestes chirurgicaux avancés de gestion tissulaire — IDR (restauration dento-alvéolaire immédiate), chirurgie plastique parodontale, régénération osseuse guidée horizontale et verticale, abord sinusien, élongation coronaire guidée. Le fil rouge est le copy-paste : ce qui a été testé et validé est exactement ce qui est exécuté et transféré au définitif, sans perte d'information. Chaque geste est rattaché au contrôle qualité et à la traçabilité du flux, car la mise en œuvre n'a de valeur que fidèle au projet validé.

    Objectif : Exécuter concrètement le plan de traitement : conduire la chaîne de production numérique, transférer le plan en guide chirurgical fiable, réaliser les gestes chirurgicaux et prothétiques (extraction atraumatique, photogrammétrie et mise en charge, injection adhésive, copie du profil d'émergence, IDR, ROG), et transférer fidèlement le validé vers le définitif par copy-paste.

  9. 08 Module 8

    Livraison définitive & suivi

    Ce module final boucle la réhabilitation : la livraison du définitif, son équilibration et sa vie à long terme. Vous apprenez les protocoles d'assemblage selon le matériau et le support, la vérification de l'ajustement passif des armatures full-arch, et l'équilibration numérique — recontrôle de l'occlusion et des guidages, ré-enregistrement du mouvement avec un système de capture comme MODJAW — plutôt que le seul papier à articuler. La maintenance est conçue comme une discipline numérique vivante : un suivi post-insertion qui évolue grâce au feedback 3D, à l'analyse du mouvement et au ré-ajustement adaptatif, et non un instantané figé. Le module pose ensuite un principe fort, souvent oublié : les données du patient lui appartiennent et lui sont remises sur demande au format numérique. Il se conclut par une vision d'avenir présentée avec recul et honnêteté — moteur de décision assisté par IA, co-création clinicien-IA-laboratoire, contrôle qualité continu — assortie de ses limites assumées, car le numérique n'est pas magique et ne remplace pas le jugement clinique.

    Objectif : Construire un protocole reproductible pour livrer la réhabilitation définitive, l'équilibrer objectivement par la donnée, organiser une maintenance numérique évolutive et restituer au patient la propriété de ses données — avec un regard lucide sur l'horizon de l'intelligence artificielle.